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Une majorité de salariés ne possèdent pas les compétences IT de base

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Une majorité de salariés ne possèdent pas les compétences IT de base

En France, 60% des personnes en emploi ne disposent pas des compétences numériques nécessaires à leur autonomie professionnelle, tandis que 20% seraient même en grande difficulté face à l’informatique, selon l’organisme public d’évaluation Pix. La bureautique et la cybersécurité font partie des sujets les moins bien maîtrisés.

Alors que les technologies sont partout, les données publiées par l’observatoire Pix des compétences numériques posent question. Dans une première étude réalisée auprès de 1 900 sondés et dévoilée récemment, l’organisme révèle qu’en France, trois personnes en emploi sur cinq ne disposent pas des bases nécessaires pour utiliser le numérique efficacement dans leur travail quotidien. Dans le détail, ces personnes se répartissent en quatre groupes :  42% sont des utilisateurs débutants avec une maîtrise limitée des outils collaboratifs qui réduit leur capacité à travailler efficacement en équipe. Ils sont en mesure de réaliser des tâches simples (télécharger, mettre en forme un texte, organiser des fichiers), mais restent dépendants d’une assistance pour d’autres usages et sont peu au fait des bonnes pratiques de cybersécurité.

A leurs côtés, 20% sont en grande difficulté, avec des compétences techniques absentes ou très limitées, même pour des tâches simples comme gérer des congés en ligne ou accéder à un intranet. A l’inverse, 23% des actifs sont des utilisateurs autonomes, capables de réaliser des tâches informatiques courantes avec des connaissances en cybersécurité. Seuls, 15 % des sondés possèdent un niveau IT avancé.

Répartition des personnes ayant des compétences IT par catégories professionnelles. (Source: Pix)

Sur le plan des catégories professionnelles, il apparaît que les cadres ne sont pas systématiquement autonomes dans leurs usages IT au travail. Ainsi, si 55% possèdent un niveau d’autonomie numérique professionnelle, soit un écart de +17 points par rapport à l’ensemble des personnes en emploi, cette maîtrise doit être nuancée surtout en cybersécurité. En effet, 80 % des cadres ne savent pas analyser la fiabilité d’une source d’information tandis qu’un sur trois ne sait pas reconnaître une tentative de phishing par exemple.  

Une meilleure maîtrise chez les jeunes

L’autonomie technologique varie sans surprise avec l’âge. Les personnes en emploi de 15 à 34 ans sont deux fois moins nombreuses que la population générale à se retrouver en grande difficulté. Ils démontrent une maîtrise significative sur certains usages, notamment ceux liés aux réseaux sociaux (80 % savent configurer les options de visibilité d’une publication, contre 60 % en moyenne chez les personnes en emploi) et aux algorithmes (42 % savent écrire un algorithme comportant une boucle avec plusieurs instructions contre 29 % en moyenne chez les personnes en activité). Si 48 % atteignent un niveau d’autonomie numérique professionnelle, le résultat traduit néanmoins des besoins de formation sur certaines compétences essentielles en milieu professionnel. La aussi, la bureautique fait partie des points noirs notables : 51 % des jeunes ne savent pas calculer une moyenne dans un tableur.  

Analyse des difficultés en informatique des personnes en emploi selon l’âge. (Source: Pix)

Chez les plus de 55 ans, la situation est préoccupante : deux seniors en emploi sur cinq sont en grande difficulté en informatique ce qui accentue le risque de décrochage professionnel au sein même de leur structure. Les usages collaboratifs posent le plus de problèmes dans leur quotidien professionnel. 70 % des seniors ne maîtrisent pas les outils de visioconférence par exemple

Des fragilités même chez les plus diplômés

Le niveau de formation joue également un rôle déterminant. Ainsi 26% des personnes en emploi titulaires d’un bac ou d’un diplôme inférieur rencontrent plus de difficultés. 44 % ne parviennent pas à gérer correctement les destinataires d’un e-mail par exemple. À l’inverse, les titulaires d’un master ou plus affichent des résultats supérieurs à la moyenne nationale, avec 60 % atteignant l’autonomie numérique, contre 39 % pour l’ensemble des personnes en emploi. Ces bons résultats ne doivent pas masquer les fragilités qui subsistent : 77 % ne savent pas évaluer la fiabilité d’un article partagé en ligne pour prévenir la désinformation. 

L’autonomie numérique des personnes en emploi selon le niveau d’études. (Source: Pix)

Une méconnaissance de la protection des données 

L’observatoire pointe également une mauvaise maîtrise de sujets pourtant stratégiques, comme le numérique responsable ou la protection des données personnelles. Sur cette question, la moitié des actifs ne sait pas reconnaître une tentative de phishing, un SMS ou un e-mail frauduleux. Même constat concernant le RGPD avec deux personnes en emploi sur trois ignorant quels sont leurs droits en matière de données personnelles. Enfin, l’ensemble des répondants présente des connaissances limitées sur les enjeux du numérique responsable et particulièrement sur sa part dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si les cadres et les personnes titulaires d’un bac + 4 et plus se démarquent en obtenant de meilleurs scores, ils sont moins de la moitié à connaître la part liée à la fabrication et à l’utilisation d’un appareil numérique sur différents enjeux environnementaux.